Un Belge au pays des tapas et du flamenco

Raconter une aventure Erasmus, ce n’est pas une mince affaire. On ne sait jamais par où commencer, quels mots seraient les plus adéquats pour décrire notre péripétie, et surtout quels moments choisir parmi tous ceux vécus durant les quelques mois passés à l’étranger. Parler des nombreux hauts, puis aussi des quelques bas… parler des incroyables rencontres, des nouvelles expériences et découvertes stupéfiantes, de son apprentissage à tous les niveaux, des émotions, …

Mon histoire, comme toutes les autres que vous pourrez entendre de la part des autres étudiants Erasmus, ne déroge pas à cette description. Sauf que la mienne, elle, s’est déroulée dans le sud de l’Espagne, dans la capitale de l’Andalousie : Séville.

Dès les premiers pas posés sur le sol andalou, une forte sensation m’a envahie et ce pendant des heures durant. Celle qui nous fait réaliser que l’aventure débute vraiment et que tout ça c’est du réel, du concret. Celle qui nous dit : « ça y est mon pote, pendant les prochains mois, t’es libre ! Ton projet prend vie, tu ne sais pas vraiment où tu mets les pieds ni comment tu vas te débrouiller, mais c’est génial !»

Bien entendu, ne nous le cachons pas : on a tous tout de même une part d’anxiété. La découverte de l’inconnu et la sortie de sa zone de confort n’est pas chose commune ni toujours très aisée. On aime nos habitudes, nos proches, et surtout de se sentir en sécurité là où on est. Sachez que c’est en sortant de cette zone de confort que l’on s’ouvre des portes à soi-même. Tout devient réellement possible et on se donne l’opportunité d’évoluer, d’apprendre, de grandir. Lorsqu’on y pense, il s’agit de partir quelques mois dans une ville totalement inconnue, avec une langue pas forcément maîtrisée et de côtoyer des personnes ayant une culture étrangère à la nôtre. Ça n’a pas l’air simple aux premiers abords !

Ayant été un étudiant dans la section tourisme durable, j’ai travaillé pendant 18 semaines à la réception d’une auberge de jeunesse ; une des plus grandes et réputées de la ville. Ayant vécu dans l’auberge même avec les autres membres de l’équipe, je vous laisse imaginer toutes les histoires gravées dans ma mémoire et toutes les rencontres que j’ai pu réaliser les jours passés là-bas. Un mélange d’apprentissage professionnel et de pure débauche festive, cocktail parfait d’un Erasmus réussi.

Au niveau des rencontres ? Des personnes du monde entier, parlant des langues variées, ayant des projets de vie différents, mais ayant cette même envie : celle de découvrir ce que le monde a à nous offrir.

Au niveau linguistique ? J’ai pratiqué toutes mes langues étrangères quotidiennement et pu apprendre, développer et étendre mes connaissances de façon phénoménale de ces dernières.

Au niveau de mon développement personnel ? +10 points en maturité et en découverte de moi-même. Ce projet m’a donné envie de renouveler l’épreuve pour une énième fois (ce n’était pas ma première expérience de type « plusieurs mois à l’étranger »), au point qu’à l’heure où j’écris ce texte, je me trouve à Porto, débutant une nouvelle aventure professionnelle, CDI en poche.

Au niveau du développement professionnel ? On se sent plus sûr de soi et de ses capacités. Apprendre un métier n’est déjà pas chose facile, mais le réaliser à l’étranger est encore plus intéressant, plus challengeant. On se met à l’épreuve à différents niveaux sans prendre de réels risques, étant toujours aidé par l’équipe sur place et toujours par nos parents (voire monsieur Galliez qui se fera un plaisir de vous épauler !), ce qui permet de mieux s’autoévaluer qu’en restant dans son pays natal, là où seul le côté professionnel importe.

Au niveau du projet Erasmus ? J’aimerais sincèrement vous remercier pour cette aide apportée pour financer mon expérience. Cela m’a apporté énormément de soutien et c’est aussi grâce à vous que j’ai pu vivre cette aventure.
Quant à toi qui lit ce texte, futur étudiant Erasmus, si tu es là aujourd’hui c’est que soit tu sais déjà que tu vas partir, soit que tu y as déjà vaguement pensé. Dans le premier cas, je te souhaite un bon amusement, car c’est bien sans nuls doutes ce qui t’attend. Par contre, si tu fais partie de ceux qui doutent encore, je n’ai qu’un seul conseil à te donner : n’y pense pas trop. Tu as l’opportunité de partir ? Saisi ta chance. Trouve un endroit qui t’intéresse, une ville qui te plairait de découvrir, et fonce, tu n’as rien à perdre… Tout est à gagner !

Au fur et à mesure du temps, on s’habitue à son environnement. On prend des habitudes, on découvre les endroits sympas où sortir et où manger. On crée des liens et on se fait des nouveaux potes, qui au passage, ne sont pas comparables à ceux que tu auras pu rencontrer auparavant. Les liens sont différents, et c’est toi qui le comprendras par toi-même dans un futur proche si tu te décides à partir. On découvre la beauté d’une autre ville et on se rend compte que parfois, l’herbe est réellement plus verte ailleurs. On s’ouvre d’esprit. On prend vraiment goût à tout ça. Par moments on est un peu nostalgique, et c’est tout à fait normal. Sans ça, le voyage perdrait de son charme. Tout n’est pas toujours tout beau et parfait, et tant mieux ! Mais par la suite, on apprécie la chance qu’on a de pouvoir vivre tout ça, car ça reste quand même incroyable.

Le plus dur finalement, c’est de rentrer chez soi.


Christophe da Silva

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